Feb. 16th, 2005

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Tout se passe depuis le début un peu avec une sensation de déjà vu.

Tour Initiale: non, ce n'est pas possible
Tour Total: hors de question
Tour GAN: vous n'y pensez pas
L'EPAD: personne ne vous y autorisera
...
ad nauseam

Partout je me vois refuser l'accès, souvent avec le sourire amusé des hotesses d'accueil devant ce grand gars à l'air un peu fou qui demande à aller soit au dernier étage de la tour, soit carrément sur le toit.
Je cajole, je souris, tente d'enchanter; je propose des compromis: "même accompagné par la sécurité!?". La réponse est nette, niet: on parle de propriété privée ici, pas d'un espace ouvert à n'importe quel badaud qui voudrait se coller le nez sur une vitre pour s'extasier sur une vue en hauteur du parvis.
Je songe un moment à tricher, à tenter un peu de piratage social; vétu d'un costard, d'une mallette et me réclamant d'une quelconque société, je pourrais peut être gagner un étage plus elevé et chiper un aperçu de la vue sans doute superbe qu'on doit avoir de la haut. Mais je n'ai que peu de temps pour réussir mes balades pendant la pause déjeuner, et même si je serais prèt à être accompagné de la sécurité pour visiter le toit, je renacle un peu à les suivre pour une balade potentielle dans les cachots.

J'abandonne donc l'idée d'infiltrer une des tours, et me retourne vers le seul batiment dont le toit soit facilement visitable par un particulier n'ayant d'autre motivation que la curiosité: la Grande Arche de la Défense.

J'ai tenté d'éviter l'Arche depuis le début, sentant confusément que si je lui laissais une place trop tôt, ce serait le signe d'un manque d'inspiration évident. Mais l'approcher maintenant me fait l'effet de vous présenter une vieille amie. L'Arche est le symbole de la Défense, l'image qui saute à l'esprit, la forme qui semble surplomber toute l'esplanade et que le regard ne peut éviter de retrouver au détour d'un bloc d'immeubles.

En résumé: le chroniqueur va arréter de crapahuter à ras du sol et prendre enfin de la hauteur...

Avec deux amis, nous nous approchons des ascenseurs, un peu impressionnés par la structure qui s'élève jusqu'au plafond et s'engouffre dans une ouverture noire.


Lorsque la petite cabine en forme de pilule nous accueille enfin, une femme désabusée en uniforme local rentre avec nous et s'occuppe d'appuyer sur les boutons corrects. La cabine s'élève doucement, sans un bruit. Nous tentons de converser un peu avec la presse-bouton, mais n'avons guère de succès. Qu'importe! Voici l'arrivée, la salle d'art qui héberge quelques artistes. Nous les ignorons royalement et nous jetons à l'assaut des derniers escaliers qui nous ferons surplomber le parvis...

... et là, c'est un petit peu de souffle coupé quand même ...



Tout n'est pas parfait. Nous nous apercevons assez vite que l'accès n'est pas autorisé tout autour de l'Arche, et qu'on ne peut porter le regard que vers Paris. Puis des tours dépassent la Grande Arche en hauteur. Et la vue n'est pas si vertigineuse que cela; nous sommes séparés du bord par deux mètres de béton qui ne serviraient jamais à empécher quelqu'un de déterminé de se suicider...

Qu'importe. Pendant un moment, nous culminons et la Défense est soumise à nos pieds.

Le reste de la visite en devient un peu moins intéressant; oeuvre d'arts bizarres, voire amusantes comme ces personnages esquissés par des losanges, disposés dans des positions pornographiques et qu'il faut regarder avec des lunettes tridimensionelles directement revenues des années 1970, ou ces formes abstraites qui rappellent terriblement des organes sexuels venus d'une race extra-terrestre imaginée par H.R.Giger.
Les gardiens nous coursent dans la galerie en sifflant comme des serpents, éteignant les lumières pour nous faire partir plus tôt. C'est qu'il faut fermer à 19h00 et il est déjà 18h30.
Nous trainons encore quelques instants près du zodiaque géant inscrit sur le sommet de la Grande Arche, et qui réveille en moi des visions occultes de point focal de puisssance, avant de nous faire pousser dans l'ascenseur. La pilule redescend, surgit dans la blancheur des murs de l'arche qui nous coupent encore un peu le souffle...

Une fois descendu, je prends encore quelques photographies. Pas de regrets, il y a tant à voir ici bas aussi...


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